La BUÈE

 

Avant que notre commune ne se fasse une spécialité dans là blanchisserie il était pratiqué comme dans toute la France un lavage à la main. Ce travail qui continuait encore dans certains village juste après la guerre de 39/45 s’appelait souvent « la lessive, voir la grande lessive ». Le modernisme a apporté la machine à laver le linge…c’en est fini de nos lavoirs, des lavandières. Toutefois une certaine nostalgie fait revivre dans  de nombreux petits villages :  le lavoir, celui-ci  appartient au petit patrimoine local.

Mais quelle est l’histoire de cette pratique ?  Dés le XIIe siècle la lessive du gros linge se pratique une fois l’an, généralement après les fêtes de Pâques. Puis ses lessives deviennent de plus en plus fréquentes (deux fois l’an, à des périodes ou il y a peu de travail aux champs). Vers le XIXe siècle on parle des grandes lessives ou des grandes buées[1]. On sort à cette occasion les draps, les chemises, les torchons, les mouchoirs[2]…. Toute la maisonnée est requise pour cette  entreprise. De petites lessives sont faites en semaine pour les vêtements. Le linge était généralement lavé chez soi mais le rinçage effectué au lavoir.

Ces travaux pouvaient durer plusieurs jours, généralement trois. Le premier jour était appelé le « purgatoire » il comprenait le triage et le trempage du linge. Le deuxième jour s’appelait « l’enfer »  Après avoir vidé l’eau du trempage on procédait au « coulage ». C’est-à-dire que l’on remplissait le cuvier d’eaux de plus en plus chaude, on « touillait ». La vapeur qui s’échappait faisait alors dire que c’était l’enfer. Le troisième jour on portait le linge au lavoir ou au ruisseau pour y etre battu[3], rincé et essoré. Puis il était reporté à la maison pour y etre séché, c’était le « Paradis ».

Dans les familles aisées ce travail était fait par des lavandières professionnelles. Il existe de nombreuses cartes postales montrant des lavandières  battant le linge ou le portant dans des brouettes.  Bien que des textes fassent l’échos de ces pratiques je n’en connais aucune prise sur Chaville.

À Chaville comme à Viroflay et Sèvres ce travail se fit semi industriel au début du XIXe siècle. C’était un travail dur, mal payé. Les rus étaient pollués et l’épidémie de Cholera de 1865 fit un carnage parmi les buandières.

L’A.R.C.HE. a fait une exposition en sur les blanchisseries (2000)  et possède une maquette animée d’une blanchisserie (don de M Juishomme) visible au local. (Relire aussi « l’Assommoir » de È Zola).

Pierre Levi-Topal



[1] De ce nom sortira : buanderie, mot dérivé du celte bugado (lessive)

[2] La richesse d’une famille était jugée par le trousseau, trousseau qui permettait de tenir entre deux buées.

[3] Le battoir servait à extraire le maximum d’eau savonneuse.