Le Moyen-Âge

samedi 23 janvier 2016
par  Pierre Levi-Topal

Les débuts de Chaville

Au IXe siècle, l’évêque de Paris Inchadus implante une métairie en bordure de la forêt de Meudon près d’un ru et d’un village du nom d’Ursine pour y soigner des malades et des convalescents. Cet endroit est alors désigné en latin Inchadivilla qui par transformations successives deviendra Chadivilla, Chadavilla, Cativilla pour aboutir à Chaville. Cette métairie est rapidement appelée par ses pensionnaires Maison Dieu et deviendra vers le milieu du Moyen Age l’Hôtel Dieu de Chaville. Il se situait approximativement au bas de la rue de la Mare Adam actuelle. Tenu par des religieux, cet Hôtel Dieu deviendra prospère et finira par posséder au XVe siècle la quasi-totalité de Chaville. En 1228, il est fait mention pour la première fois de la présence de vignes à Chaville.

Les premiers seigneurs

Le premier seigneur connu de Chaville est mentionné en 1129 sous le nom de Raoul de Chaville. Au début du siècle suivant il est également fait mention de seigneurs de l’Ursine. A la suite de différentes successions, les seigneurs de Chaville se succèdent tout au long du XIIe siècle mais sur un fief ne correspondant que partiellement au territoire actuel de Chaville. En 1322, Roger de Chaville vend une partie de sa seigneurie, la terre du Doisu, à un certain Louis de Chaillau. Chaville se trouve ainsi partagée entre les seigneurs de Chaville, l’Hôtel Dieu, le seigneur du Doisu et celui de l’Ursine. Roger de Chaville est le dernier seigneur connu ayant porté le nom « de Chaville ». Vers 1400, Jean Lasnes rachète successivement les seigneuries du Doisu et de Chaville, reconstituant ainsi le domaine de Roger de Chaville. A sa mort en 1418, l’Hôtel Dieu hérite de la seigneurie de Chaville.

La seigneurie de Chaville au XVe et XVIe siècle

En 1438, Jean Bureau, grand maître de l’artillerie, vainqueur de la bataille de Castillon (qui mit fin à la guerre de 100 ans), examinateur de par le Roi au Châtelet de Paris, receveur de Paris et conseiller du roi Charles VII, rachète à son tour les seigneuries de Chaville et du Doisu qui resteront aux mains de cette famille Bureau plus de 50 ans. En 1493, la descendante de Jean Bureau, par ailleurs seigneur de Villepreux, échange la seigneurie de Chaville contre des biens que Pierre Aimery, avocat au Parlement de Paris, possède vers Bois d’Arcy et Villepreux. Dans un premier temps, celui-ci s’oppose vivement à l’Hôtel Dieu pour exercer les droits de haute, moyenne et basse justice sur ses terres de Chaville et obtient gain de cause en 1502. Après les ventes successives aux familles Picot et de Vigny, la seigneurie de Chaville est finalement rachetée par un certain Michel Letellier en 1596. Parallèlement à cette prééminence de la famille Aimery sur la seigneurie de Chaville, le fief du Doisu est vendu en 1507 à Nicolas Hennequin, marchand bourgeois de Paris. Cette famille possédera le fief du Doisu jusqu’à son rachat par la famille Letellier en 1596.

La seigneurie de l’Ursine

Le village d’Ursine se situait approximativement à l’emplacement de l’étang qui porte encore aujourd’hui son nom. Son origine est antérieure à celle du village de Chaville et remonte vraisemblablement à l’époque romaine. Pendant toute la première partie du Moyen Age, l’Ursine se verra amputé d’une partie de son territoire lors de la création de la seigneurie de Chaville. Une première église, consacrée à St Denis, est édifiée en 1084. La famille d’Ursine, mentionnée dès 1204, restera en possession de son fief jusqu’en 1450. Nous ne disposons que de très peu d’éléments sur cette période. Vers 1450, la seigneurie passe entre les mains de Gilles Luillier, avocat au Parlement de Paris. Ses héritiers, par acquisitions successives, possèdent en 1544, en plus de celle d’Ursine, près du quart de la seigneurie de Chaville. En 1558, faute d’héritier, la seigneurie de l’Ursine passe aux mains de la famille de Monceaux, seigneurs de Villacoublay. Ursine et Villacoublay se trouvent alors réunis et font partie de la même paroisse. La seigneurie de l’Ursine sera vendue une dernière fois à la famille Le Grain en 1648 avant d’être rachetée à son tour par la famille Letellier en 1673.

Etat de la seigneurie de Chaville au milieu du XVIe siècle

Un état précis de la seigneurie de Chaville établi en 1528 permet d’avoir une idée de Chaville à cette époque.Sur le territoire de la seigneurie de Chaville, il y a trace de demeures seigneuriales à deux endroits :

- l’une, située derrière l’ancienne église (à la hauteur de l’actuel 37 rue Anatole France), à proximité du lieu présumé de l’ancien Hôtel Dieu

- l’autre , un château devenu hôtel seigneurial, se situant approximativement à l’endroit où plus d’un siècle plus tard Michel Letellier fera construire son château (à la hauteur du bout de l’avenue Saint Paul actuelle, près de la ligne de chemin de fer)

La seigneurie de la famille Aymery représente alors cent arpents (environ 126 ha), soit environ le tiers de la seigneurie d’origine de la famille "de Chaville". Vingt deux maisons, non compris l’hôtel seigneurial formaient le village. La population de Chaville peut alors être estimée à 140 habitants. Ceux-ci, agriculteurs pour l’essentiel, vivent de la culture, de l’élevage (des animaux de basse-cour, quelques bovins) et de la vigne. La totalité du village représente alors une superficie d’environ trois cents arpents.

D’après « Chaville des origines à 1596 », de Pierre Lescot.


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